Les semelles au vent
et les yeux dans le macadam

Ar-Roudouz est un blog de photos, prises sur plusieurs années, sinon plusieurs décennies. Ici, point de carte postale, ni de photo chopé. Du brutal, rien que du normal.

Je vais là où mes semelles m’emportent, sans les perdre de vue. Ces images ne sont que prétexte à sortir des sentiers battus et à voir les villes et les lieux habités autrement.

On pourrait parler d’archéologie urbaine et sociale, ou encore d’herborisation du pavé. Peu importe. Nos tribulations se limitent souvent aux seuls centres touristiques, peuplées des mêmes enseignes, que nos lieux de résidence. Nous y faisons les mêmes photos que des milliers d’autres avant nous.

Chez soi, il vient un moment où on se rend compte que nos trajets finissent par se limiter. Ils ne comptent que quelques rues qu’on croit connaître. En est-on si sûr ?

J'ai un faible pour le sud-est de l'Europe, cette région qui s'étend du Danube à la Mer Noire.

Les légendes et la mythologie grecques m'avaient fasciné très tôt. Et puis après la chute du mur de Berlin, j'ai découvert ces contrées où se superposent, ou se côtoient, les civilisations et les empires.

Les empires ont laissé des traces architecturales impressionnantes, qui tombent en ruine aujourd'hui. Ces constructions avaient pour ambition de marquer les esprits, de se différencier ou de prétendre à l'éternité.

Il en va différemment quand on s'assoit à la table pour manger. Si bien sûr chaque région a ses spécificités, les ingrédients d'origines différentes s'unissent dans l'assiette. Bien manger de bonnes choses n'est pas seulement un régal, c'est un plaisir qui doit être partagé.

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Loin de moi l'intention d'être consensuel en publiant ces photos. Nos coins de rues sont à l'image du monde.

Evidemment, il faut savoir où l'on met les pieds, et parfois y regarder à deux fois.

Il n'y avait pas d'intention première au départ. La récurrence de certains événements m'a conduit à faire des séries. Isolément, chaque objet serait sans doute insignifiant.

L'intérêt est de faire côtoyer leurs singularités pour leur donner une unité. Ainsi, ils se sentent moins seuls.

Et puis nos rues sont parfois le lieu d'expressions brutes et naïves qui par leur couleurs, leurs formes... relèvent la tristesse du gris minéral.

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